Fabrication des cordes



Une corde est un composé long, cylindrique, plus ou moins flexible, ou de lin, ou de laine, ou de coton, ou de roseau, ou d'écorce de tilleul, ou de soie, ou de chanvre, ou de cheveux, ou d'autres matières semblables, tortillées ou simplement ou en plusieurs doubles sur elles - mêmes.
Si la portion de matière tortillée simplement sur elle - même est menue, elle prend le nom de fil. Il y a encore des cordes de boyau, de laiton, de cuivre, de fer…Mais il semble qu'on ne leur ait donné ce nom que par la ressemblance qu'elles ont pour la flexibilité, la forme, et même l'usage, avec celles de chanvre.

Les cordes de chanvre sont les seules qui se fabriquent dans les corderies.

( d'après Diderot et d'Alembert)


Louis Plantive en train de lisser ses cordes


La fabrication des cordes se fait en 3 phases :

- Le peignage
- Le filage
- Le câblage



Première étape : le
peignage :

Les fibres de chanvre, ou filasse, sont trempées puis peignées.

Le peignage se pratique sur un séran, qui est une sorte de cadre montée sur pieds.
Enfin, les fils sont tissés sur un rouet.



Deuxième étape : le filage :

Cette deuxième étape se fait à sec, pour éviter le pourrissement, et permet d’obtenir les fils de carret qui sont ensuite assemblés, lors de la troisième étape, en corde de chanvre.

Deux types de filage sont rencontrés : le filage à la ceinture pour lequel le cordier porte un peignon de chanvre autour de la taille. Il attache, par un fil de coton, un écheveau de son peignon de chanvre au crochet relié à la grande roue. Il actionne ensuite la manivelle plus ou moins vite selon l’épaisseur de fil désiré.

Il faut ensuite contrôler la taille du fil d’une main et, de l’autre, approvisionner la roue en filasse.
Au fur et à mesure que le fil s’allonge, il faut s’éloigner en reculant de la roue.

Le deuxième type de filage est le filage à la quenouille (ou à la filouse) : le cordier porte le peignon de chanvre au bout d’une perche, sur une quenouille qui le dévide au fur et à mesure que le fil s’allonge.

Une fois la longueur de fil désiré obtenu, on l’enroule sur un touret, en attente de la dernière étape.

 


Troisième étape : le câblage :


(D'après Diderot et D'Alembert)


Cette troisième étape correspond à la fabrication de la corde proprement dite : c’est le tressage des fils entre eux. Le plus gros risque de cette étape était que les fils de carret se détortillent.

Quatre fils étaient déroulés du touret puis noués ensemble à l’émerillon (sorte de crochet) bloqué du chariot. De l’autre côté, les fils de carret sont attachés chacun à un crochet  du châssis du quarré. Cette mise en place des fils est ce que l’on nomme ourdir la corde.

Comme la longueur de fil était très importante (quelques dizaines de mètres), plusieurs râteaux étaient nécessaires entre ces 2 machines. Ceux-ci permettaient de maintenir les fils tendus et de s’assurer qu’ils ne s’emmêlaient pas.

Il fallait ensuite positionner le cochoir (ou toupin) entre les fils de carret, de manière à ce que sa pointe touche l’émerillon. Cet objet en forme de cône tronqué est orné de plusieurs rainures (une par fil). Le rouet est ensuite mis en marche, les fils s’entortillent. Le cochoir est ensuite décalé vers le rouet au fur et à mesure que la corde se forme. Il permet que le tressage soit assez serré.
On peut également ajouter des mèches dans la corde lors de cette étpae : celles-ci permettent de renforcer la corde.

Lors de cette étape, les fils perdent une grande partie de leur longueur. En effet, un tiers de la longueur des fils était perdu au câblage !



Une fois la corde tressée, il faut supprimer les imperfections. On doit d’abord polir à la pierre et l’épisser. Il faut ensuite enlever les fils qui dépassent au moyen d’un chiffon imprégné de colle : cette étape est nommée ébarbage. Enfin, les cordes sont lissées à la corde de crin.





 

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